Une des nombreuses petites îles situées à l'extrémité nord du parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne
Une des nombreuses petites îles situées à l'extrémité nord du parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne
© Parcs Canada/ W. Waterton/ Collection PNIBG

La vaste étendue d'eau libre de la baie est fréquemment brisée par des bancs de hauts-fonds submergés ou par d'énormes rochers lisses qui ressemblent à des dos de baleines émergeant de l'eau. Ces " dos de baleines " s'apparentent aux affleurements rocheux dont il a été question plus haut, mais leur exposition constante aux fortes vagues et aux vents violents leur confèrent des particularités qui méritent une description distincte.

Étant donné les conditions rigoureuses et l'isolation par rapport à la terre ferme, il y a peu de vie en ces lieux. Même les plantes sont peu diversifiées : lichens, herbes et carex ainsi que quelques arbres nains comme le pin blanc, le saule et le physocarpe à feuilles d'obier.

À cause de la barrière de l'eau et de l'absence d'abri, pratiquement aucun mammifère ne vit ici; les serpents d'eau et les tortues géographiques sont virtuellement les deux seuls reptiles présents. Les tortues géographiques ne vivent pas dans les îles les plus éloignées, mais on peut apercevoir leurs grandes carapaces plates ici et là, au soleil, sur les petits rochers nus à proximité de la rive.

Les goélands, les mouettes et les sternes sont les habitants les plus visibles. Alors que certains goélands, mouettes et sternes communes nichent en petites colonies, les goélands argentés forment des colonies nombreuses dans certaines îles périphériques comme l'île Gray. Une intrusion humaine provoque un grand émoi parmi ces oiseaux nicheurs qui se comptent par milliers à l'hectare. Si les goélands et les mouettes abondent à la baie Georgienne, mais dans beaucoup de régions du Canada, ils sont peu nombreux à cause des fortes concentrations de pesticides et des BPC. Les biphényles polychlorés ou BPC sont des produits chimiques qui entrent dans la fabrication des plastiques, des lubrifiants et de centaines d'autres produits que l'on utilise tous les jours. Le niveau acceptable chez les humains est évalué à 2 mg/kg, mais on a trouvé un taux de 3 500 mg/kg chez des goélands argentés du Saint-Laurent.

Parmi les autres oiseaux qui nichent dans les îles périphériques, notons la paruline jaune, le bruant chanteur et le chevalier branlequeue.

Pendant les migrations du printemps et de l'automne, beaucoup d'oiseaux de rivage et d'oiseaux terrestres qui volent d'île en île se reposent en ces lieux avant ou après avoir traversé la baie. De grands groupes de canards plongeurs et de huards se réfugient dans ces îles. La baie Georgienne est une terrible barrière pour les oiseaux chanteurs migrateurs; cela a été dramatiquement démontré par les cadavres de milliers de petits oiseaux qu'on a découverts sur la rive sud à la suite de la tempête de 1963.

De grands esturgeons (certains mesurant 2,5 mètres de long et pesant plus de 68 kilogrammes) et des touladis ont déjà abondé dans ces eaux, mais ce n'est plus le cas. Le déclin de la population des touladis peut être lié à l'arrivée de la lamproie marine dans les Grands Lacs par la Voie maritime du Saint-Laurent. La diminution du nombre d'esturgeons est la conséquence de la surpêche et de la destruction de l'habitat.

Actuellement, dans les eaux profondes les plus froides, on trouve le corégone, le doré, le bar blanc, le malachigan, l'alose noyer (membre de la famille du hareng) et le maskinongé; ce dernier est un représentant de grande taille de la famille des brochets, dont le poids peut atteindre 45 kilogrammes. À l'abri dans les hauts-fonds submergés et dans les cuvettes rocheuses, on trouve l'achigan à petite bouche et le crapet de roche.