Forêt d'érables à sucre et de hêtres à l'extrémité sud de l'île Beausoleil, qui fait partie du parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne
Forêt d'érables à sucre et de hêtres à l'extrémité sud de l'île Beausoleil, qui fait partie du parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne
© Parcs Canada/ Collection PNIBG

Les forêts se sont développées sur la rive sud de la baie Georgienne, là où les glaciers ont déversé d'épaisses couches de till, il y a plusieurs milliers d'années. On peut aussi les apercevoir dans les îles les plus grandes et mieux protégées comme l'île Giant's Tomb, le sud de l'île Beausoleil et les îles de la baie Twelve Mile.

Ces forêts qui recouvraient jadis tout le sud de l'Ontario font partie de la forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Dans l'ensemble, la forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent est une zone de transition entre les grandes forêts d'arbres feuillus qui s'étendent sur une vaste partie de l'est des États-Unis et les forêts boréales du Nord. Il y a donc, au parc, tant des espèces septentrionales que des espèces méridionales.

Là où les forêts bordent les rives de la baie Georgienne, l'effet modérateur de la baie est très accentué. La prédominance de plantes de type méridional, comme l'érable argenté, le bois de fer, l'actée rouge et la cimicaire à grappes, caractérise ce lieu.

Les feuillus les plus communs sont l'érable à sucre et le hêtre à écorce lisse. L'érable rouge, l'érable de Pennsylvanie, le chêne rouge, le chêne blanc, le peuplier faux-tremble et le bouleau blanc poussent en abondance dans les aires forestières. Les conifères, comme le pin blanc et la pruche du Canada, sont dispersés parmi les feuillus et peuvent croître en peuplements relativement purs entre les affleurements rocheux et les lieux où le sol est trop mince ou trop acide pour des feuillus.

Le couvert détermine les plantes qui pousseront sur les tapis forestiers riches, mais privés de lumière. Les plantes à fleurs doivent fleurir tôt pour tirer avantage du soleil printanier avant que les rayons de ce dernier ne soient bloqués par une nouvelle feuillaison. C'est pourquoi la fin du mois d'avril est une période colorée dans la forêt d'arbres feuillus. On peut voir des tapis de trilles grandiflores et de trilles dressés, de concombres sauvages, de fleurs de mai, d'hépatiques, d'ail doux, de clintonies, de lis de Philadelphie, de claytonies de Virginie, de violettes et de sabots de la Vierge, cette dernière étant l'une de la vingtaine d'espèces d'orchidées qui fleurissent dans le parc. Bien qu'il y ait peu de fleurs épanouies plus tard au cours de l'été, les champignons d'un rouge ou d'un jaune brillants, les ganodermes de la pruche aux rayures brunes et blanches et le bois en pourriture d'un orangé intense colorent la forêt. Dans les dépressions les plus humides, l'on découvre les verts flamboyants de l'onoclée sensible et de la fougère royale.

Le sol de la forêt est tapissé de milliers de jeunes plants d'érables à sucre qui, contrairement à beaucoup d'autres plantes, n'ont besoin que de très peu de lumière pour survivre. Ces plants attendent le bon moment, et dès qu'un arbre tombe, un ou deux des plus robustes d'entre eux poussent très rapidement, tirant avantage de l'ouverture dans le couvert.

Cachés dans le couvert, les viréos aux yeux rouges, oiseaux communs, mais rarement aperçus, dissimulent leur nid et chassent les insectes. Les orioles du Nord, les moucherolles, les piouis de l'Est et les grives exploitent eux aussi les espèces de feuillus. Parmi les autres espèces d'oiseaux dans le parc, on compte les grands pics, les tangaras écarlates, les cardinaux à poitrine rose, les pics maculés, les parulines flamboyantes et les petites buses.

Sur le tapis forestier et aux niveaux inférieurs de la " tour d'habitation " qu'est la forêt, on trouve des ratons laveurs, des castors, des écureuils gris, des souris à pattes blanches, des taupes à queue velue, des petits polatouches, des salamandres maculées et des rainettes faux-criquets de l'Ouest.

Étant donné que ces forêts ne sont pas des peuplements purs de feuillus, puisqu'elles contiennent des pins blancs, des pruches et des épinettes, quelques plantes et animaux des forêts septentrionales ou boréales y vivent également. Contrairement aux aires de la forêt d'arbres feuillus, en aucun temps de l'année l'épaisse ombrelle d'aiguilles ne laisse pénétrer beaucoup de lumière. Par conséquent, nombre de plantes, comme le thé des bois, conservent leur énergie en gardant leurs feuilles toute l'année. Le mélèze laricin, ou épinette rouge, est le seul conifère qui perd toutes ses aiguilles, chaque automne.
La trientale boréale, le conopholis d'Amérique et le spectral monotrope uniflore sont également communs. Le monotrope uniflore et le conopholis sont des saprophytes qui n'ont ni couleur verte ni chlorophylle. Ils n'ont pas la capacité de fabriquer leur propre nourriture comme le font la majorité des plantes, mais se nourrissent de matières en décomposition, sensiblement à la manière des champignons. C'est une adaptation particulière pour vivre dans des conditions de luminosité pratiquement nulle.

Les écureuils roux sont nombreux dans l'île et nichent partout où il y a quelques conifères. Les porcs-épics, les souris sauteuses des bois, les musaraignes cendrées, les salamandres à quatre doigts, les couleuvres à ventre rouge et les rainettes versicolores sont d'autres espèces septentrionales typiques que l'on trouve en ces lieux. Pour les mêmes raisons, il y a des sittelles à poitrine rousse et beaucoup d'espèces de parulines. Les pics-bois et les mésanges à tête noire sont communs, mais nichent tant dans les feuillus que dans les conifères.

4. ÎLES PÉRIPHÉRIQUES