Cette semaine en histoire

Les Canadiens en ont assez du conflit frontalier

Pour la semaine du lundi 16 octobre 2017

Le 20 octobre 1903, un tribunal international se prononce en faveur des États-Unis qui revendiquent une bande de terre longeant le Pacifique et qui est appelée bande côtière de l’Alaska. C'est essentiellement la finalisation du tracé de la frontière entre le Canada et les États-Unis qui est au coeur du conflit.

Le détachement du Yukon de la Police à cheval du Nord-Ouest (PCNO) au sommet du col White, le 8 août 1899
Yukon Archives / H. C. Barley Collection / #5532

La bande côtière, territoire traditionnel des peuples tlingit, haïda et tsimshian, attire depuis longtemps les explorateurs étrangers. En 1825, dans le cadre du Traité de Saint-Pétersbourg, la vive concurrence qui marque le commerce de la fourrure dans cette région pousse la Russie à diviser officiellement le territoire avec les États-Unis et la Grande-Bretagne. Cependant, si le traité anglo-russe précise la frontière entre le Yukon et l’Alaska et fixe la frontière côtière méridionale de l’Amérique russe à la latitude 54°40’ N, il ne définit pas clairement le tracé du reste de la frontière. En 1867, la Russie vend l'Alaska aux États-Unis. La bande côtière est incluse dans la vente.

Avec l’entrée de la Colombie-Britannique dans la Confédération en 1871 et la découverte d’or au Klondike en 1896, le besoin de définir avec précision la frontière avec l’Alaska devient urgent. L’arrivée massive de prospecteurs américains, une menace éventuelle à la souveraineté canadienne, pousse le Canada et les États-Unis à revendiquer leurs droits sur la bande côtière. Les États-Unis, voulant contrôler une route vers les champs aurifères, font valoir leurs droits sur les fjords et les îles qui bordent la côte du Pacifique. Le Canada proteste, souhaitant un accès direct à l’océan Pacifique par le canal Lynn.

Caricature politique publiée pendant le différend qui illustre le sentiment antiaméricain et antibritannique à l’époque. On voit ici les États-Unis, représentés par l’Oncle Sam, étendant le bras pour s’approprier les mines d’or du Canada.
Parue dans Le Canard, Montréal, (Québec) 26 septembre , 1903

En 1903, après plusieurs tentatives infructueuses pour régler le conflit, les États-Unis et la Grande-Bretagne (qui s’occupera des affaires étrangères du Canada jusqu’en 1931) conviennent de créer une commission mixte chargée de fixer la frontière. Cette commission de six membres compte trois Américains, deux Canadiens et lord Alverstone, juge en chef de l’Angleterre représentant les intérêts de la Grande-Bretagne. Compte tenu du dossier solide présenté par les Américains et de la pression exercée par le président américain Theodore Roosevelt, lord Alverstone se range finalement du côté des États-Unis.

Malgré le poids des preuves qui soutiennent la revendication des États-Unis, les Canadiens sont outrés par cette décision. Pour nombre d’entre eux, c’est une trahison qui confirme que le Canada ne peut pas compter sur la Grande-Bretagne pour défendre ses intérêts sur la scène internationale. Il s’ensuit au sein de la population, une vague de sentiments antibritanniques et antiaméricains et une montée du nationalisme canadien repris par la presse, laquelle vilipende lord Alverstone et incite  le Canada à assumer le contrôle de ses affaires étrangères.

Le Traité anglo-russe de 1825 est un événement d’importance historique nationale. Lisez l’article Le 49e parallèle dans les archives de Cette semaine en histoire pour en savoir plus.

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